couverture du livre "hold-up planétaire

imaginez un instant que votre disque dur soit le ministère des Finances.
Et que vos fichiers, mémorisés sur le disque, correspondent aux dossiers que les fonctionnaires archivent dans une armoire géante,
comportant quelques millions de petits tiroirs.
Vous comprendrez alors aisément que si vous cherchez un dossier complet,
votre tâche sera plus facile si ses divers éléments constitutifs se trouvent dans des tiroirs voisins,
plutôt qu’éparpillés aux quatre coins de l’armoire.
Pour l’information, c’est pareil : vous accéderez plus facilement aux données qui vous intéressent,
si elles sont rangées dans des fichiers contigus, plutôt que dispersées ou « fragmentées ».
Le problème est donc de garder cette armoire bien rangée après chaque utilisation.

Or, que fait Windows ?
Il agit comme un assistant peu scrupuleux : quand un dossier est bouclé,
il jette ses éléments à la corbeille. Et quand vous lui donnez les pièces d’un nouveau dossier,
il les sépare en petits groupes de documents, qu’il range au hasard dans les premiers tiroirs vides qui se présentent.
Du coup, il demande un budget supplémentaire pour embaucher, tous les week-ends,
une cohorte de stagiaires (DeFrag), qui s’évertuent à remettre l’armoire en ordre.

Linux, au contraire, se comporte comme un assistant modèle :
quand vous lui demandez de jeter des dossiers, il établit systématiquement la liste des tiroirs ainsi libérés.
Ensuite, pour en ranger un nouveau, il recherche dans sa liste une suite de tiroirs vides contigus de taille suffisante.
Vous conviendrez avec moi que pas un responsable hiérarchique ne serait assez fou pour embaucher le premier assistant,
qui coûte cher et qui travaille mal, au lieu du second, quasi bénévole et beaucoup plus efficace.
C’est pourtant ce qui se passe tous les jours, quand des utilisateurs choisissent Windows.

En résumé, la propagande commerciale de Microsoft embobine les utilisateurs en leur racontant que DeFrag accélère la machine…
alors qu’en réalité, c’est Windows qui la ralentit !
L’entreprise est donc assez puissante pour engendrer de graves distorsions de réalité :
elle fait passer les défauts de ses logiciels pour des atouts indispensables.

Roberto Di Cosmo, Dominique Nora

Le livre est disponible intégralement en ligne!

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